Le donjon de Montaner s'élève à près de 40 m de hauteur, surgissant d'un carré parfait (symbole médiéval de l'Harmonie) de 13,70m de côté. L'écusson des Foix-Béarn et la devise, "Febus me fe", finement sculptés dans dans un magnifique calcaire surmontent la porte d'entrée - tel un sceau alliant force et raffinement.
Fébus me fe.
Le cerf, le gibier le plus noble
Une grande partie des livres et traités de chasse est consacrée au cerf, considéré comme le gibier le plus noble. La description du cerf et de ses mœurs précède l'étude des différentes méthodes de le chasser. Les observations et les descriptions très fidèles des animaux témoignent dans ces traités de chasse d'un véritable souci "naturaliste". Dans les textes historiques ou littéraires, les épisodes relatés de la vie des rois ou des personnages célèbres sont souvent illustrés par des scènes de chasse au cerf.
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LE CHATEAU DE MONTANER
La visite de Montaner est peut-être une des plus insolites et des plus grandioses qu’il soit possible de faire tout au long des Pyrénées. Un fossé annulaire de 5 mètres de profondeur sur 14 de large entoure une vaste enceinte polygonale dont l’ensemble représente une assise de 22 000 m² . Un donjon de 40 mètres se dresse d’un seul jet face à la route d’accès, avec une belle pierre héraldique marquée des armes de Foix-Béarn et de la formule « Febus me fe ». Carré parfait de 13.70 m, ce donjon a une épaisseur de murs de 3 m 60 à la base ; il faut faire l’effort d’une rude montée car, du sommet, tout l’ensemble se déroule à vos pieds, sans parler d’un panorama prestigieux dominé en toile de fond par les Pyrénées.
Autre trait insolite, à côté de ces dimensions imposantes : l’emploi systématique de la brique (matériau unique du donjon). Pour mener à bien cette immense entreprise, Fébus a disposé des conseils d’un maître d’œuvre du pays de Foix, Sicard de Lordat ; il a fait venir de ce même pays des tuiliers qui ont installé à proximité les fours pour la fabrication des milliers de petites briques indispensables. Cette technique languedocienne permettait d’éviter toute rupture dans l’approvisionnement, de réduire au minimum le temps nécessaire pour les charrois, bref d’économiser du temps et de l’argent.
Devant une telle masse de briques (mélangée à des cailloux roulés pour les murs de l’enceinte), le visiteur ne peut manquer de respirer ici un parfum d’œuvre catalane, tel le Castillet ou le Palais des Rois de Majorque à Perpignan, voire le château de Bellver aux Baléares. Les défenses étaient très élaborées , et le travail de l’Association Pierres et Vestiges, qui a contribué à sauver cet ensemble avec la Direction des Monuments Historiques, a révélé la sophistication du système permettant de franchir le fossé avec la combinaison d’un pont dormant et d’un pont à bascule.
Du haut de Montaner et avec l’appui de sa garnison, Fébus faisait ainsi régner sa paix armée aux confins du Béarn, de l’Armagnac et de la Bigorre. Cet immense champ de briques a de nos jours un parfum romantique car il a subi bien des destructions. Ayant perdu sa raison d’être au XVe siècle, il tomba dans l’oubli, fut victime des guerres de religion (des Huguenots eurent la mauvaise idée de s’y réfugier). Le coup de grâce fut porté par un acquéreur qui sous l’ Empire s’en servit comme carrière de matériau. Mais, fort heureusement avant que ce personnage ait eu le temps d’abattre le donjon, de s’attaquer aux courtines après avoir jeté à bas contreforts et mâchicoulis, le département intervint et le racheta sous la Monarchie de Juillet. Les vestiges sont cependant suffisants pour permettre un essai de restitution de l’édifice dans toute sa splendeur fébusienne, même si bien des points de sa construction demeurent des énigmes archéologiques.
Sources:
bibliographie : Forteresses Pyrénéennes de Gaston Febus, P. Tucoo-Chala.
Visiteurs connectés sur le site des Amis du Château de Montaner et leurs pays de provenance. La rémanence des visites est au maximum de 120 minutes.
Ce service de géolocalisation, de très haute qualité, est entièrement gratuit ; tous nos remerciements au webmaster de GEOLOC qui nous a aimablement aidé à en implémenter toutes les fonctionnalités.
07 Mai 2008
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"Au nom et en tout honneur de Dieu le créateur et seigneur de toutes choses et de son fils béni Jésus-Christ, et du Saint-Esprit, et de toute la sainte Trinité, et de la vierge Marie, et de tous les saints et saintes qui sont en la grâce de Dieu, je, Gaston, par la grâce de Dieu, surnommé Fébus, comte de Foix, seigneur de Béarn, qui tout mon temps me suis délecté spécialement de trois choses : les armes, l'amour et la chasse. Et comme pour les deux premières, il y a eu de bien meilleurs maîtres que moi, car de bien meilleurs chevaliers ont été que je ne suis, et bien des gens ont eu de plus belles aventures d'amour que je n'en eus, ce serait pour moi sottise d'en parler. Je néglige donc ces deux offices d'armes et d'amours, car ceux qui les voudront suivre comme il faut y apprendront mieux de fait que je ne le pourrais dire en paroles ; et c'est pourquoi je m'en tairai. C'est du troisième office, dont je doute d'avoir eu nul maître, si vaniteux que cela semble, que je voudrais parler, c'est-à-dire de la chasse, et je traiterai par chapitres de toutes les espèces de bêtes que l'on chasse communément, de leurs manières et de leur vie ; car il en est qui chassent les lions, les léopards, les chevaux et les bœufs sauvages, mais de cela je ne veux point parler, car peu les chasse-t-on. Mais des autres bêtes que l'on chasse communément et que les chiens chassent volontiers, j'ai l'intention de parler, pour instruire beaucoup de gens qui veulent chasser et ne le savent faire, quand ils en ont par aventure la volonté.