Le donjon de Montaner s'élève à près de 40 m de hauteur, surgissant d'un carré parfait (symbole médiéval de l'Harmonie) de 13,70m de côté. L'écusson des Foix-Béarn et la devise, "Febus me fe", finement sculptés dans dans un magnifique calcaire surmontent la porte d'entrée - tel un sceau alliant force et raffinement.
Fébus me fe.
Le drame d'Orthez en 1380
Comme le clergé et une bonne partie de la noblesse étaient écartés du pouvoir au profit de techniciens de petite origine, un complot fut ourdi avec le concours du roi de Navarre désireux de se débarrasser d’un voisin aussi encombrant que Phébus : le prince héritier tenta d’empoisonner son père. Démasqué et mis en prison, il refusa de donner les noms de ses complices si bien que dans un accès de fureur, Phébus lui porta un coup de poignard mortel en août 1380. Sentant l’Enfer s’ouvrir sous ses pas pour avoir tué son fils, la seule fois de sa vie où il avait perdu son sang froid, Phébus s’enfuit d’Orthez où il ne devait revenir que trois ans plus tard. Installé au château de Pau, il rédigea son étonnant Livre des Oraisons, le premier de ce genre dû à un laïc. Il s’y adresse directement à Dieu en raisonnant comme un philosophe sophiste, en argumentant en trente-sept prières autour d’un thème central : Dieu doit sauver ses créatures car il est responsable de leurs méfaits comme de leurs bienfaits. Dans une prière toutefois, il se laisse aller à un élan mystique.
Après un exil de trois ans, c’est à son retour à Orthez et en son château de Moncade, que Gaston Phébus commença à dicter son fameux Livre de Chasse
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Dernière mise à jour: Dimanche, 11 Septembre 2011.
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Les soupers à la cour de Phébus
"En cel état que je vous dis le comte de foix vivoit. Et quand de sa chambre à mie nuit venoit pour souper en la salle, devant lui avoit douze torches allumées que douze valets portoient ; et icelles douze torches étoient tenues devant sa table qui donnoient grande clarté en la salle ; laquelle salle étoit pleine de chevaliers et de écuyers, et toujours étoient à foison tables dressées pour souper qui souper vouloit. Nul ne parloit à lui à sa table s'il ne l'appeloit. Il mangeoit par coutume fors volaille, et en especial les ailes et les cuisses tant seulement, et guère aussi ne buvoit. Il prenoit en toutes menestrandie grand ébatement, car bien s'y connoissoit. Il faisoit devant lui ses clercs volontiers chanter chansons, rondeaux et virelais. Il séoit à table environ deux heures, et aussi il véoit volontiers étranges entremets, et iceux vus, tantôt les faisoit envoyer par les tables des chevaliers et des écuyers. Brièvement et tout ce considéré et avisé, avant que je vinsse en sa cour je avois été en moult de cours de rois, de ducs, de princes, de comtes et de hautes dames, mais je n'en fus oncques en nulle qui mieux me plût, ni qui fût sur le fait d'armes plus réjouie comme celle du comte de Foix étoit. On véoit en la salle et ès chambres et en la cour, chevaliers et écuyers d'honneur aller et marcher, et d'armes et d'amour les oyoit-on parler. Toute honneur étoit là dedans trouvée. Nouvelles de quel royaume ni de quel pays que ce fût là dedans on y apprenoit ; car de tous pays, pour la vaillance du seigneur, elles y appleuvoient et venoient. Là fus-je informé de la greigneur partie des faits d'armes qui étoient avenus en Espagne, en Portingal, en Arragon, en Navarre, en Angleterre, en Escosse et ès frontières et limitation de la Langue d'Oc ; car là vis venir devers le comte, durant le temps que j'y séjournai, chevaliers et écuyers de toutes ces nations. Si m'en informois, ou par eux ou par le comte qui volontiers m'en parloit."