Le donjon de Montaner s'élève à près de 40 m de hauteur, surgissant d'un carré parfait (symbole médiéval de l'Harmonie) de 13,70m de côté. L'écusson des Foix-Béarn et la devise, "Febus me fe", finement sculptés dans dans un magnifique calcaire surmontent la porte d'entrée - tel un sceau alliant force et raffinement.
Fébus me fe.
Dès le XII° siècle, le château devint l'une des pièces essentielles de la politique d'expansion menée par le vicomte Gaston III de Foix-Béarn, dit Fébus. Ce dernier réussit à rendre le Béarn indépendant et consacra sa vie entière à la réalisation de son rêve : unifier toutes les terres s'étendant de Foix à Orthez et ainsi créer un véritable Etat pyrénéen. Cependant, le vicomte se heurta aux ambitions de son puissant voisin, le comte d'Armagnac, désireux de contrôler la Gascogne. Les deux hommes s'affrontèrent ainsi pour la possession de la Bigorre (dont le dernier Comte n'avait pas laissé d'héritier), indispensable à la réalisation de leurs ambitions respectives. La bataille de Launac en 1362, consacrant la victoire de Fébus sur son adversaire, fut un tournant décisif dans la lutte pour le contrôle de cette partie du piémont pyrénéen
La possession de la seigneurie du Montaneres présentait un intérêt stratégique certain en raison de sa position privilégiée, aux limites de la vicomté de Béarn, des comtés d'Armagnac et de Bigorre. La région fut intégrée à la vicomté de Béarn au XIIème siècle, lors du mariage de Gaston IV dit "Le croisé" et de Talèse, petite fille et héritière d'Arnaud-Aner, dernier vicomte du Montaneres. Un premier château fut édifié par Gaston IV en vue de se protéger des seigneurs voisins. Le nom qui fut donné à la forteresse est directement lié à sa position sur une colline (Mont) et au nom des vicomtes du montaneres (Aner).