Le donjon de Montaner s'élève à près de 40 m de hauteur, surgissant d'un carré parfait (symbole médiéval de l'Harmonie) de 13,70m de côté. L'écusson des Foix-Béarn et la devise, "Febus me fe", finement sculptés dans dans un magnifique calcaire surmontent la porte d'entrée - tel un sceau alliant force et raffinement.
Fébus me fe.
Un administrateur rigoureux et juste
Pour surveiller la route entre les deux capitales de son domaine (Foix et Orthez), Phébus prit le contrôle d'une vingtaine de forteresses. Il transforma de fond en comble le château de Pau et construisit l’énorme place forte de Montaner aux confins du Béarn, de l’Armagnac, de la Bigorre et de l’Aquitaine. En mettant la main sur une route longeant les Pyrénées à une époque où la guerre désorganisait le commerce le long de la Garonne, Phébus donna une occasion magnifique aux Béarnais de se transformer en transitaires neutres. Ils transportèrent de Montpellier jusqu’à Bayonne – alors port anglais –, des produits de luxe italiens, catalans, et le pastel du Lauragais. Au retour, ils ramenaient les tissus de Flandres et d’Angleterre qu’ils transportaient également au sud des Pyrénées. Bien entendu, Phébus retirait de substantielles taxes sur les transactions.
Concentrant entre ses mains tous les pouvoirs, convoquant l’armée, faisant battre monnaie, Phébus modernisa son administration, rendit la justice au plus humble comme au plus puissant. Il gouvernait avec un conseil restreint sans composition fixe, sorte de despote éclairé avant la lettre.
Se méfiant du clergé, il ne fit aucune construction religieuse, mais en revanche utilisa musique et chant pour propager sa gloire, faisant d’Orthez un centre musical où l’art nouveau était à l’honneur. Il rassembla de magnifiques manuscrits enluminés et fut lui-même un écrivain de talent. Mais surtout, il sut gagner l’admiration de Froissart qui dans ses Chroniques magnifia sa cour d’Orthez malgré le drame dont elle fut le théâtre.
Ce présent livre fut commencé le premier jour de mai, l'an de grâce de l'Incarnation de notre seigneur que l'on comptait mille trois cent quatre-vingts et sept ; et ce livre ai commencé à cette fin que je veux que chacun sache, qui ce livre lira ou orra, que de chasse, je l'ose bien dire, il peut venir beaucoup de bien. Premièrement, on échappe à tous les sept péchés mortels ; secondement, on chevauche avec plus d'agrément, de hardiesse et d'aisance et l'on connaît mieux tous pays et tous passages ; bref, toutes bonnes coutumes et bonnes mœurs viennent de là, avec le salut de l'âme, car qui fuit les sept péchés mortels, selon notre foi, doit être sauvé. Donc le bon veneur sera sauvé, et dans ce monde il aura assez de joie, de liesse et de plaisir; mais qu'il se garde de deux choses : l'une qu'il ne perde la connaissance ni le service de Dieu de qui tout bien vient, pour la chasse ; l'autre qu'il ne perde le service de son maître ou néglige certains de ses propres intérêts qui peuvent avoir plus d'importance.
Des images détachées de tout contexte littéraire représentaient le cerf dans son milieu naturel, parmi les animaux de la forêt, ou dans les scènes de chasse qui faisaient partie de la vie quotidienne au Moyen Âge.
Le cerf figure souvent dans les scènes bibliques, au Paradis, parmi les animaux de la Création dans l'Arche de Noé.
Le cerf est également représenté dans de nombreux épisodes du cycle arthurien.
Le cerf dans les fables
S'inspirant de la tradition antique, les auteurs de fables au Moyen Âge placent leur récit dans le monde animal, ce qui a largement contribué au succès de ce genre littéraire.
Attribuant aux animaux les comportements des hommes, tout en mettant l'accent sur des propriétés spécifiques de chaque animal, telles que la ruse, la force, la malice, les fables en tirent une moralisation qui doit servir d'exemple aux hommes. Si les fables mettent en valeur la beauté du cerf et de ses bois, ce dernier y est souvent la victime.