Le donjon de Montaner s'élève à près de 40 m de hauteur, surgissant d'un carré parfait (symbole médiéval de l'Harmonie) de 13,70m de côté. L'écusson des Foix-Béarn et la devise, "Febus me fe", finement sculptés dans dans un magnifique calcaire surmontent la porte d'entrée - tel un sceau alliant force et raffinement.
Fébus me fe.
Dès le XII° siècle, le château devint l'une des pièces essentielles de la politique d'expansion menée par le vicomte Gaston III de Foix-Béarn, dit Fébus. Ce dernier réussit à rendre le Béarn indépendant et consacra sa vie entière à la réalisation de son rêve : unifier toutes les terres s'étendant de Foix à Orthez et ainsi créer un véritable Etat pyrénéen. Cependant, le vicomte se heurta aux ambitions de son puissant voisin, le comte d'Armagnac, désireux de contrôler la Gascogne. Les deux hommes s'affrontèrent ainsi pour la possession de la Bigorre (dont le dernier Comte n'avait pas laissé d'héritier), indispensable à la réalisation de leurs ambitions respectives. La bataille de Launac en 1362, consacrant la victoire de Fébus sur son adversaire, fut un tournant décisif dans la lutte pour le contrôle de cette partie du piémont pyrénéen
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Fébus fut aussi un écrivain passionné de culture, d'art et de chasse.
Il est notemment l'auteur d'un "LE LIVRE DE CHASSE" ont un exemplaire est à la Bibliothèque Nationale.
Le Livre de chasse fut rédigé, ou plus exactement dicté à un copiste, de 1387 à 1389 par Gaston Phébus, comte de Foix.
Quarante-quatre copies manuscrites du Livre de chasse sont actuellement connues.
Ce livre fait partie de ces rares ouvrages d'enseignement dont la riche illustration est comparable à celle des Bibles.
Il se compose d'un prologue et d'un épilogue encadrant sept chapitres dont les deux premiers, "De la nature des bêtes" et "De la nature des chiens", sont un embryon d'histoire naturelle descriptive.
Pour Gaston Phébus, la chasse (ou vénerie) est un exercice rédempteur, le chasseur (ou veneur), s'il remplit parfaitement son office, toujours en action, s'en ira tout droit au Paradis. Mais auparavant, renforcé par l'exercice de la chasse, il aura mieux vécu et plus longtemps.
Cliquer la vignette pour parcourir le livre.
Scène de Chasse, passez la souris pour les explications, bouton droit=>zoom, autrement:
cours de déchiffrement d'un manuscrit de Gaston Fébus.
N'oublionspas non plus le poète Fébus auteur de cette célèbre chanson, chant de raliement de toute la Gascogne:
QUE CANTO
Dejoust ma fenestro,
Y a un aouselou,
Touto la neit canto,
Canto pas per yèou.
Se canto, que canto ?
Canto pas per yèou,
Canto per ma mio
Qu'es al leng de yèou.
Al founso de l'horto
Y a un amelié
Que fa de flous blancos
Coumo de papie.
Aquelos flous blancos
Faran d'amellous
Per rampli las pochos
De yèou e de vous.
Aquelos mountagnos
Que tan hautos soun
M'empachoun de vèire
Mas amours ount soun.
Aquelos mountagnos
S'en abaissaran
E mas amouretas
Se raproucharen.
Sous ma fenêtre,
Il y a un petit oiseau,
Toute la nuit il chante,
Il ne chante pas pour moi..
Traduction
S'il chante, que chante t'il ?
Il ne chante pas pour moi
Il chante pour ma mie
Qui est loin de moi.
Au fond du jardin
Il y a un amandier
Qui fait des fleurs blanches
Comme du papier.
Ces fleurs blanches
Feront des amandes
Pour remplir les poches
Les miennes et les vôtres.
Ces montagnes
Qui sont si hautes
M'empêchent de voir
Mes amours où elles sont.
Ces montagnes
S'abaisseront
Et mes amourettes
Se rapprocheront.
Gaston III, comte de Foix, dit Gaston Phébus, est né en 1331 d’Aliénor de Comminges et de Gaston II de Foix.
Dès l’âge de douze ans, il se retrouva à la tête d’un héritage tout aussi complexe que prestigieux, le comté de Foix, qu’il réussit à maintenir à l’écart des grands conflits de son temps malgré les batailles auxquelles il prit part : il combattit à plusieurs reprises le comte d’Armagnac, son adversaire héréditaire, s’engagea en Prusse dans les rangs des Teutons pour combattre les infidèles (1356) et participa à la répression contre les "Jacques" de Paris (1358).